Merci

22avr11

Dimanche passé avait lieu le 21 k Banque Scotia que je courrais pour Le Phare. C’était la première fois que je participais à cette course qui arrive très tôt dans la saison. Une belle course, un beau parcours, et une très belle organisation. Les points d’eau sont presque trop nombreux, les bénévoles trop gentils, je me sentais quasiment mal de refuser le Gatorade au dernier point de ravitaillement. Une grosse course, qui peut faire peur aux débutants, avec seulement 2500 coureurs pour le 21 km, dont beaucoup de machines! La petite affiche pour choisir son emplacement de départ selon son temps prévu indiquant « 1 h 48 et plus » montrait que ce n’était pas une course pour les touristes.

Les spectateurs avaient très peur que les coureurs gèlent. Je ne pense pas qu’aucun participant n’ait souffert du froid, malgré les 4-5 degrés. Il n’est pas tombé une goutte de pluie pendant la course non plus.

Par contre, il a venté! Sauf que je courrais pour amasser des fonds pour une maison de soins palliatifs pour enfants. Alors « Ma yeule! » si j’ai envie de me plaindre.

Merci à ceux qui ont couru, à ceux qui ont marché, à ceux qui ont donné de leur temps pour le volet caritatif, peu importe la cause que vous avez choisie. Merci aux donateurs.

Maintenant, mes mercis plus personnels aux 18 personnes qui ont fait un don en mon nom au Phare. Comme je l’avais promis, j’offre un plan alimentaire à la personne qui a fait le don le plus important. Comme il y avait une quadruple égalité en tête, j’ai procédé à un tirage et la gagnante est : Amélie Macoul!

Ensuite parmi tous les donateurs, je proposais d’offrir la balance diététique Starfrit, qui a servi à la réalisation du billet « Une balance qui va me voler ma job ». La personne qui remporte ce fabuleux outil est : Shanie Poliquin.

J’entrerai en contact avec les deux gagnantes pour organiser la remise des prix.

Enfin, félicitations à l’équipe du Phare, notamment Jacinthe Roy et Manon Durocher. Le Défi Banque Scotia 2011 a permis d’amasser plus de 20 000 $ qui serviront à la poursuite de la mission de l’organisme.


Le stévia est une plante dont les feuilles ont une saveur sucrée, très sucrée, jusqu’à 40 fois plus que le sucre blanc. Pour en faire un substitut au sucre, c’est bien, mais c’est pas assez. Des fabricants proposent donc des concentrés raffinés de l’élément sucré des feuilles de stévia. Le composé qui en résulte est jusqu’à 400 fois plus sucré que le sucre et n’augmente pas la glycémie.

Le stévia et ses concentrés sont donc des succédanés du sucre, sans calorie, comme ceux qu’on trouve déjà en sachets. Rien de nouveau sous le soleil, à part le fait qu’on le commercialise comme s’il était naturel. Aussi naturel que la caféine qu’on extrait de la guarana pour mettre dans toutes les boissons énergisantes au dépanneur.

Le stévia est approuvé pour la vente au Canada sous forme de feuilles fraiches ou séchées, entières ou en poudre comme si c’était un légume ou une épice. Il est cependant interdit d’ajouter de la plante de stévia dans un aliment.

L’extrait de stévia, ne peut pas être ajouté dans un aliment non plus, mais peut être utilisé comme agent sucrant dans certains produits de santé naturels.

La règle est donc simple, son application elle est chaotique. Les fonctionnaires de Santé Canada écrivent les règlements comme si on était encore dans les années 1970 et que les produits de santé naturels étaient encore que des poudres, gélules et capsules vendues en pharmacies ou en boutiques spécialisées, sous la supervision d’un marchand-expert.

La réalité est toute autre. Les produits de santé naturels sont partout, au dépanneur, à l’épicerie, même au Canadian Tire. En plus, ils ont la forme exacte d’aliments communs. Par exemple, Pepsico a lancé un jus d’orange, coupé avec de l’eau et sucré au stévia, sous le sexy nom de Trop50. C’est correct, parce que le jus n’est pas un jus, mais une « boisson de jus enrichie de vitamines ». Pepsico a enregistré le Trop50 comme un produit de santé naturel.

Au Canada, un fabricant peut choisir le livre de règlements qui lui convient pour chaque produit. C’est comme si un QB derrière la ligne de mêlée décidait que ce jeu-ci sera joué avec les règles de la NFL et que le suivant sera joué avec les règles de la CFL. Le spectateur serait un peu mêlé, pas mal comme l’est le consommateur devant la tablette d’épicerie.

Il y a une façon facile de s’y retrouver. S’il y a une posologie sur l’emballage, ce n’est pas un aliment, c’est un produit de santé naturel. Si c’est un produit de santé naturel, c’est qu’il y a quelque chose de louche. Le plus souvent, une entreprise choisira d’enregistrer son aliment comme un produit de santé naturel, c’est pour faire une allégation qui ne serait pas permise autrement ou pour ajouter un ingrédient qui n’est pas permis dans les aliments.

Rien ne vous empêche de couper vous-même votre jus d’orange. Parce que le Trop50 se vend exactement le même prix que le vrai jus d’orange Tropicana. C’est là le vrai génie de Pepsico, réussir à vendre de l’eau au même prix que le jus.


Ce billet est très différent du billet précédent. Dans Quoi manger avant de courir, j’expliquais quoi manger tout juste avant de courir, à l’entrainement. Ici, j’explique quoi manger dans les quelques jours qui précèdent une course organisée et quoi manger le jour même de la course.

Dans la préparation de ce billet, je suis tombé sur un bel article, que vous pouvez consulter ici en version complète et gratuite. C’est en anglais, et c’est moins technique que ça en a l’air, du moins pour quelqu’un qui s’intéresse à la course et à l’alimentation. Et qui a de vagues notions de physique. Et de biochimie. Ou qui lit des articles de journaux scientifiques en regardant la WWE.

L’alimentation d’avant course sert à une chose : ne pas s’écraser pendant la course. Ce n’est pas un mode d’alimentation optimal à long terme parce que plusieurs types d’aliments seront exclus. Pour courir, il faut de l’énergie. Pendant la course, c’est principalement de l’énergie provenant des glucides qui sera utilisée. Si toutes les réserves de glucides s’épuisent, le coureur « frappe le mur ». Vous avez vu ces gens confus, voire couchés et tremblotants sur le côté du parcours? Ils ont frappé le mur. Vous ne voulez pas que ça vous arrive.

L’article cité au début montre une quantité d’équations permettant de déterminer exactement la distance qu’une personne pourra courir avant de frapper le mur. Cependant, il vous faudrait connaître la masse de vos jambes et votre capacité aérobique maximale. Toutes ces mesures peuvent être obtenues dans certains centres spécialisés, mais si vous courez dimanche prochain, c’est peut-être un peu serré.

Il existe tout de même des stratégies pour s’assurer d’avoir des réserves suffisantes de glucose disponibles pendant toute la course. Il s’agit, dans les 3 jours qui précèdent la course de consommer de grandes quantités de glucides. La quantité de glucides nécessaires se trouve dans une fourchette de 8 à 12 g par kg de poids. Un coureur de 70 kg devra donc manger entre 560 et 840 g de glucides chaque jour.

Considérant qu’une tranche de pain contient environ 20 g de glucides et qu’une tasse de pâtes cuites, environ 30 g de glucides, on comprend vite qu’il faut un peu d’aide pour arriver. Pour un nutritionniste, c’est le rêve : une diète à l’envers! C’est le temps de se gâter dans les aliments sucrés. Je crois même que certains coureurs s’inscrivent à des événements que pour la diète pré-course.

Il ne faut pas se gêner d’ajouter du sucre, du miel ou du sirop sur tout ce qui s’y prête. Les liquides sucrés sont ici les bienvenus. 1 litre de boisson aux fruits : environ 120 g de glucides! Le pain, les pâtes, le riz et le couscous devraient être la base de chacun des repas. L’idée est de manger tous les aliments riches en glucides et de les accompagner d’un peu de protéines et de légumes : l’inverse de ce que je recommanderais en temps normal.

Le matin de la course, c’est encore la même technique qui doit être mise en application. Idéalement, le déjeuner sera pris 3 h avant la course. Si vous buvez habituellement du café, buvez-en un peu et sucrez-le bien comme il faut. Mon déjeuner de prédilection se compose de gaufres surgelées (4 à 6), généreusement arrosées de sirop d’érable, et d’un géant verre de jus d’orange. Il m’arrive d’y ajouter une Pop-Tart ou deux. Plein de glucides, pas de fibres, pratiquement pas de protéines. Je pars ensuite avec un Gatorade que je sirote jusqu’au départ.

Mais qu'est-ce que je tiens dans ma main? Des sachets de gel!

L’article de Rapoport montre un autre point utile à garder en mémoire. Pour qu’elles soient d’une quelconque utilité, les sources de glucides consommées pendant la course doivent être prises au moins 30 minutes avant le moment critique où les réserves de glucides seront épuisées. Chaque fois que c’est possible, le Gatorade devrait donc être pris plutôt que l’eau. Si vous avez expérimenté avec les gels énergisants (comme je vous le recommandais dans le dernier billet), c’est une autre façon de faire entrer des glucides dans votre système sans vous ralentir. Ma blonde m’a fait redécouvrir les barres de fruits (style Fruit-to-go) qui font aussi l’affaire. Une lectrice me disait préférer les « bonbons énergisants » moins salissants que les gels. Chaque fois que des glucides sous forme solide sont mangés, il vaut mieux boire de l’eau pour ne pas faire de crampes.

Bonne course, surtout à la gang du Phare!

Au passage, l’Association canadienne des entraineurs, vous associer avec un fabricant de soupes en cannes pour le volet nutrition sportive, c’est l’idée du siècle? Le bouton « Trouvez des ressources fiables en matière de nutrition » juste à côté du logo de soupe est la chose la plus ironique que j’aie vue cette semaine.

Sources :

Rapoport BI, Metabolic factors limiting performance in marathon runners, PLoS Comput Biol. 2010 Oct 21;6(10):e1000960.

Burke LM, Nutrition strategies for the marathon: fuel for training and racing, Sports Med. 2007; 37(4-5):344-7

Dietitians of Canada, American College of Sports Medicine, American Dietetic Association, Nutrition and athletic performance, 2009. Disponible en .pdf.


Encore un billet préparé pour les coureurs qui se préparent pour le Banque Scotia 21 k de Montréal, au profit du Phare. Il peut aussi être utile aux participants d’autres courses et à ceux qui s’entrainent sans que ça soit leur occupation première.

Un des défis et cauchemars de toute personne qui s’entraine est de trouver quoi manger avant son entrainement.

Ce qui sera mangé dépend du temps disponible avant l’entrainement.

Si votre entrainement est dans plus de 2 heures, vous pouvez manger un repas normal. Il vaut mieux éviter ce qui est inconfortable à digérer. Rien de trop gras, de trop salé ni de trop épicé. Pas d’alcool (duh!), et, contrairement aux conseils habituels, rien de trop riche en fibres. Pour le reste, ça vous prend des glucides (pains, pâtes, pommes de terre, riz…), des protéines (viandes, volailles, poissons, protéines végétales) et des légumes. Vous saviez ce qu’est un repas, non?

Si votre entrainement est dans plus d’une heure, il vaut mieux y aller pour une collation. Idéalement, il s’agira d’une collation contenant 2 types d’aliments. Le premier sera riche en glucides, la grande famille des sucres (fruits, produits de boulangerie) et le deuxième sera riche en protéines (noix, produits laitiers, produits à base de légumineuses, dont le soya).

Si votre entrainement est dans moins d’une demi-heure : il est probablement trop tard pour prendre des aliments solides ET vous sentir bien pendant l’entrainement. Arrangez-vous pour mieux planifier vos affaires. Mais il y a quand même moyen de se débrouiller en buvant un liquide sucré, par exemple un jus de fruit.

Courir une course organisée n’est pas, en soi, une stratégie de perte de poids. Ça peut être un bénéfice collatéral, mais ça peut aussi devenir tout l’inverse. C’est pourquoi je ne vous parle pas de quantités. Il est très probable que vous ne mangiez pas suffisamment et que votre faim soit augmentée. Il faut réaliser que si vous mangez les mêmes quantités d’aliments qu’il y a quelques mois, quand vous ne faisiez que de courtes sorties ce n’est plus adéquat pour les longs entrainements.

Mauvaise nouvelle, ça ne va pas passer. Autre mauvaise nouvelle, non, ça ne va pas vous « faire du bien d’en perdre un peu ». Il faut choisir, vous voulez perdre du poids ou bien faire une bonne course? Pour une bonne course, faudra manger un peu plus. La stratégie n’est pas d’ajouter des aliments, mais de manger un peu plus de ce que vous mangez déjà.

Comme on n’est qu’à quelques semaines du Banque Scotia, ceux qui vont courir le 21k devraient commencer à s’exercer à manger en courant. Deux types d’aliments sont populaires, les barres et les gels. Les gels sont les plus faciles à transporter et à manger. Prenez-les par petites « bouchées » avec beaucoup d’eau. Je ne recommande pas les gels contenant de la caféine pendant les courses. Vous faites tant d’efforts pour gérer votre rythme cardiaque, pourquoi vouloir ingérer un stimulant?

Au lieu d’acheter des barres spécifiques pour sportifs, vous pouvez transporter avec vous des barres de céréales plutôt tendres (les Nutri-grain, pour ne pas les nommer). Elles ne coutent pas cher, sont faciles à sortir de l’emballage et faciles à mâcher. Ça semble être des détails, jusqu’à ce que vous en fassiez l’expérience en courant.

Prochaine chronique : quoi manger dans les jours qui précèdent la course.

 


Je vous le disais la dernière fois, je me prépare pour le Banque Scotia 21 k de Montréal, au profit du Phare. D’ici avril, je donnerai ici des conseils sur l’alimentation pour les membres de l’équipe de coureurs du Phare.  Si vous n’êtes pas membre de l’équipe, vous pouvez lire quand même, mais à voix basse, ok? Vous pouvez aussi joindre l’équipe, il n’est pas trop tard.

Faut ce qu’il faut, comme la course est en avril, l’entrainement doit se faire en plein hiver. Je n’essaierai pas de vous faire croire que courir par temps frette est agréable. Habillé comme il faut, et passé la première minute, c’est endurable. Les bons bas, la couche de base, le polar, le coupe-vent, la tuque, le iPod, le foulard et les gants, vous pensez être prêt à partir?

Votre eau, elle est où?

Même en hiver, il faut s’hydrater.  Votre t-shirt détrempé, c’est de l’eau que vous avez perdue et qu’il faudrait récupérer.  On peut quantifier la quantité d’eau perdu en se pesant avant et après l’entrainement (sans les vêtements, bien sûr). Chaque kilo perdu, c’est un litre de sueur, pas un kilo de gras, désolé de péter votre baloune. (Si vous vivez encore dans les années 1970, une livre de perdue sur la balance, c’est 2 tasses de sueur)

La quantité d’eau perdue déterminée par cette méthode est un bon guide pour prévoir la quantité d’eau à transporter. Pour éviter les crampes, il vaut mieux boire des petites quantités à la fois, et ne pas dépasser 250 ml/15 minutes (une tasse par quart d’heure).

Maintenant, le problème de la température. En théorie, une boisson sucrée ou salée gèlera à une température plus basse que l’eau pure (chimie de cegep, tu sers enfin à quelque chose). En théorie, donc, le Gatorade ou autre boisson de réhydratation devrait moins geler que l’eau. Il s’agit toutefois d’une solution à un non-problème. Il suffit de porter sa ceinture d’hydratation SOUS son survêtement. Votre température corporelle gardera votre eau sous sa phase liquide.

 


Vous vous souvenez peut-être, il m’arrive de courir. Mon orteil droit orphelin de son ongle me rappelle chaque matin que j’ai participé au demi-marathon de Montréal en septembre dernier.

Cette année, je me suis laissé convaincre de commencer ma saison de courses beaucoup plus tôt. Le 17 avril 2011, je participerai au 21 k de Montréal Banque Scotia. Cette course étant très très tôt dans le calendrier, je ne m’y inscris pas uniquement pour le plaisir : le 21 k Banque Scotia a aussi un volet caritatif.

Ce sont les gens de l’organisme Le Phare qui m’ont approché pour participer à cette course. Le Phare vient en aide aux familles dont l’enfant est gravement malade. J’ai visité la maison André-Gratton, où l’organisme reçoit les enfants, en pensant que je me rendais dans une maison de soins palliatifs. C’est vrai, les enfants qui visitent cette maison ne survivront pas à leur maladie. Ils finiront peut-être leurs jours dans cet établissement, mais c’est presque une mission secondaire. La maison sert beaucoup à donner un peu de répit aux parents des enfants malades. Un enfant gravement malade, c’est un travail mental et physique de tous les instants pour les parents.

C’est un peu pourquoi la maison André-Gratton a été créée. Les parents peuvent confier leur enfant aux soins des professionnels et bénévoles pour se reposer, prendre soin d’eux, prendre soin de leurs autres enfants, avoir des vacances.

La maison André-Gratton est loin d’être un endroit où parker l’enfant malade le temps de respirer un peu. La maison renferme tout ce dont un enfant pourrait rêver, le tout, adapté aux besoins d’enfants lourdement handicapés.

Comme l’organisme ne charge pas un sou aux parents qui bénéficient de ses services, il faut compter sur la générosité de donateurs.

Si vous voulez contribuer à la mission du Phare en me commanditant lors de la course du 17 avril, vous pouvez utiliser ce lien. Si vous voulez également courir, ce lien vous permettra de vous inscrire à la course de 21 km ou à celle de 5 km. Si vous voulez courir et amasser des fonds vous aussi, inscrivez-vous en passant par EventsOnline.ca, pas Running Room. Rien contre Running Room, mais on m’a dit que c’était pas possible d’amasser des fonds en passant par leur site d’inscription.


Mini-débat aujourd’hui sur le GROS, le groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids. En fait le débat portait moins sur le groupe que sur son acronyme peu délicat. C’est sûrement un groupe aux intentions très louables. Je ne le connaissais pas avant ce matin, ce sont des Français.

Un peu de mise en contexte avant de tomber dans le vif du sujet.

Je dois dire d’emblée que je déteste tous les noms de groupe scientifiques/académiques qui font dans le jeu de mots.

Je suis maigre-sec. Je suis dans le bas de la fourchette du poids-santé et je l’ai toujours été. Je ne ferai pas semblant de savoir ce que c’est que d’avoir un surplus de poids.

J’ai dans la vie, et en consultation, une approche plutôt directe et « appelons un chat un chat ».

Par contre, le chat, on peut aussi l’appeler matou, minou, minet, animal ou bestiole. En bout de ligne, on s’en fout, le monde sait de quoi on parle non? Pour le chat, probablement que tout le monde s’en fout et lui-même ne nous comprend pas, alors on ne le fera pas pleurer sur le choix d’un synonyme.

J’ai fait le choix de travailler avec des humains. En science, c’est souvent embêtant les humains parce que ça a des émotions. Ils peuvent réagir de façon irrationnelle aux mots qu’on emploie. Comme nutritionniste, mes clients ont souvent un surplus de poids. Il s’agit d’une question qu’il faut aborder avec eux. J’ai lu il y a quelques temps un article sur le sujet.

Thomas Wadden et Elizabeth Didie ont recruté 200 personnes dont l’indice de masse corporelle était entre 30 et 40 kg/m2. Cliniquement, ils souffrent d’obésité. Ces personnes devaient répondre à la question suivante :

Imagine that you are visiting your doctor for a check-up. The nurse has measured your weight and found that you are at least 50 lb over your recommended weight. The doctor will be in shortly to speak with you.

Doctors can use different terms to describe weight. Please indicate how desirable or undesirable you would find each of the following terms if your doctor used it.

Les participants devaient ensuite indiquer à quel point chacun des termes leur plaisait ou déplaisait. Les résultats pour les femmes suivent (c’est pratiquement la même chose chez les hommes) :

Bien sûr, c’est un peu difficile de traduire exactement chacun des termes. Par contre je n’ai pas eu besoin de l’aide d’un linguiste pour comprendre que le terme « poids » est celui qui est préféré, probablement parce qu’il n’est pas empreint de jugement. C’est en général celui que j’emploie avec mes clients.

Je n’ai pas la prétention de vouloir faire une version francophone du papier, mais j’aimerais connaîutre l’opinion de mes lecteurs. Pour parler d’obésité dans un contexte de consultation, quels termes jugez-vous appropriés? Lesquels vous déplaisent carrément?


Je commence 2011 de façon très sexy, n’est-ce pas?

Ce billet m’est inspiré par la publicité fabuleuse que m’a faite sur Twitter une cliente visiblement satisfaite de ses résultats récents. Je pourrais me bâtir sur ce blogue une section de témoignages avec photos à l’appui de clients et clientes fiers de leurs accomplissements.

En fait, je ne pourrais pas. Du moins pas sur un blogue dont le titre est Le nutritionniste, par Jonathan Fontaine. En effet, au Québec, la profession de nutritionniste (et de diététiste, je vous le rappelle, c’est synonyme ici) est encadrée par un ordre professionnel. Il existe, à l’intérieur du Code des professions, le Code de déontologie des diététistes et c’est l’ordre qui s’occupe (parfois) de le mettre en application.

Si comme moi, vous trippez à lire des textes légaux, je vous le recommande chaudement : Code de déontologie des diététistes.

Certains peuvent trouver emmerdant de devoir payer des cotisations à un organisme dont le rôle principal est de protéger le public contre nous. Je crois que c’est une très bonne chose, qui nous élève au dessus du vendeux de protéines, de la coach en alimentation et autres experts auto-proclamés.

En plus de ne pas me mêler des affaires de mes clients qui ne me regardent pas (article 7) et de ne pas devoir pratiquer saoul (article 5) je dois (article 10) :

1°   exposer à mon client d’une façon complète et objective la nature et la portée du problème qui, à son avis, ressort de l’ensemble des faits qui ont été portés à ma connaissance;

2°    fournir à mon client les explications nécessaires à la compréhension et à l’appréciation des services que je lui rends;

3°    informer mon client de l’ampleur et des modalités des services qu’il requiert.

Autrement dit : moi, je n’ai pas le droit de bullshiter.

Enfin, 2 articles (38 et 39) m’empêchent de faire dans l’infopub :

Le diététiste ne peut, de quelque façon que ce soit, faire ou laisser faire de la publicité destinée à des personnes qui peuvent être, sur le plan physique ou émotif, vulnérables en raison de leur âge ou de la survenance d’un événement spécifique.

Le diététiste ne peut, dans sa publicité, utiliser ou permettre que soit utilisé un témoignage d’appui ou de reconnaissance qui le concerne.

Alors, cher ordre, si tu me suis sur Twitter (ben quoi, on est en 2011), sache que le témoignage de cette cliente n’a pas été sollicité par son nutritionniste. Mais celui-ci reste très content de voir que son approche fonctionne avec cette cliente.


Petit diabète

17déc10

Ça fait déjà quelques mois que je travaille chez Diabète Québec. Mon rôle y est double. D’une part, je prépare des documents qui aident les personnes diabétiques dans le traitement de leur maladie. D’autre part, je reçois les questions des personnes diabétiques, de leur entourage et des professionnels de la santé, et je leur réponds. Comme un centre d’appels, mais comme je suis sympathique et compétent, jamais besoin d’escalader votre appel.

Comme nutritionniste, le diabète est probablement la maladie sur laquelle nous recevons le plus d’heures de cours. En milieu hospitalier, la proportion de patients qui ont du diabète dans leurs « autres problèmes de santé » est telle qu’on pourrait croire que c’est un pré-requis à l’admission. Bref, il s’agit d’un problème de santé malheureusement si répandu que j’en oublie que pour bien des gens, il s’agit d’un problème méconnu. Je me propose donc de défaire de temps en temps les mythes les plus tenaces, ceux que j’entends le plus souvent quand je réponds aux questions.

Version qui me fait grincer les dents « Mon père fait juste un petit diabète, il n’est pas rendu à l’insuline »

Il n’existe pas de petit, moyen ou gros diabète; ce ne sont pas de format de pop-corn dont on parle ici. Il y a le diabète de type 1, qu’on a déjà appelé insulinodépendant. Les personnes qui en sont atteints doivent nécessairement s’injecter de l’insuline à tous les jours, leur corps n’en produisant plus. Il y a ensuite le diabète de type 2, qui est associé à la résistance à l’insuline, souvent la conséquence du surpoids. Dans le diabète de type 2, le corps produit de l’insuline, mais pas assez puisque les cellules résistent à son action. Le plus souvent, les personnes diabétiques de type 2 prennent des médicaments en comprimés. Par contre, certains prennent aussi de l’insuline alors que d’autres sont capables de gérer leur taux de sucre uniquement par des modifications alimentaires.

Cela dit, il n’y a pas un diabète plus gros ou plus grave que l’autre. Bien qu’ils aient des causes qui sont différentes, leurs manifestations sont les mêmes. Ensuite, l’insuline est l’un des traitements qui peuvent être utilisés. Lorsqu’une personne diabétique de type 2 reçoit une prescription d’insuline, cela ne veut pas dire que son diabète est maintenant plus gros. Ça ne veut pas dire non plus que la personne a échoué dans son traitement. Cela veut tout simplement dire que la glycémie est difficile à contrôler et une ou des injections de l’hormone qui n’est pas présente en quantité suffisante dans l’organisme, l’insuline, viendra aider à normaliser la glycémie.

(Je suis tombé sur un forum américain récemment où des diabétiques de type 1 faisaient de l’attitude aux diabétique de type 2. « Mon diabète est plus légitime que le tien, mon traitement est plus strict … ». Est-ce que c’est ça la définition d’enfantillage?)

Version corrigée qui me mettra un sourire au visage : « Mon père est diabétique de type 2, il prend des comprimés dont je n’ai pas retenu le nom »


Dès la fin novembre, les pintes vertes de Québon font leur apparition dans le rayon des produits laitiers. Ça veut dire deux choses : 1) que l’hiver puis le temps des fêtes s’en viennent 2) que je ne bois plus d’autre lait que du lait de poule. Non, je n’épice pas mon lait de poule avec de l’alcool tous les jours. Mais quand je le fais, au lieu du rhum ou du brandy, je préfère le whisky ou le bourbon.

Noël Nog devant le sapin

Cette année par contre, @Ma_ri_ka sur Twitter et Penser avant d’ouvrir la bouche sur Facebook m’ont fait découvrir le « lait de poule au soya » ou le Noël nog, comme le nomme la compagnie So Nice. Ça tombe bien, parce que dans le café je préfère la boisson de soya au lait de vache. Chez Starbucks, c’est des « soy lattes » que je bois pendant toute l’année, à l’exception de quelques lattés à la citrouille autour de l’Halloween et de lattés au lait de poule dans le temps des fêtes.

Cette année je peux donc me faire des Noël nog lattés de soya. Me reste plus qu’à inventer des noms pour les formats de tasse et je me pars une ligne de cafés.

Même si c’est pour le goût que je préfère la boisson de soya, je n’ai pas pu m’empêcher de jeter un œil aux informations nutritionnelles des deux boissons.

Pour une tasse (250 ml), les informations sont les suivantes :

  Lait de poule Québon Noël nog So Nice
Énergie (calories) 240 120
Lipides 2,5 g 3 g
Lipides saturés 1,5 g 0,8 g
Trans 0 g 0 g
Cholestérol 20 mg 0 mg
Sodium 250 mg 130 mg
Glucides 45 g 18 g
Fibres 0 g 1 g
Sucre 44 g 16 g
Protéines 10 g 6 g
Calcium 25 % 30 %
Vitamine D 45 % 45 %

Comme je mange suffisamment de viande, l’apport en protéines m’importe peu dans ma boisson des fêtes. J’essaie par contre de ne pas exagérer sur les glucides (mon poste à Diabète Québec déteint peut-être sur moi). Le choix est donc facile : ce sera du Noël Nog dans mon frigo jusqu’en janvier.

Pour le goût et la texture, la différence est quand même notable entre les deux boissons. Le lait de poule Québon est beaucoup plus onctueux. Le goût de foin du Noël nog est présent. On aime ou on n’aime pas. Je sens aussi pas mal plus le gingembre dans la version soya que dans la version vache.

On verra d’ici Noël pour la combinaison soya et Jack Daniels.



Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 30 followers