Deuxième demi-marathon

06sept10

J’écris ce billet les jambes allongées, sans chaussures, en espérant rester dans cette position pour le restant de la semaine. Hier, c’était le demi-marathon. Même si ça c’est globalement mieux passé que l’an passé, reste qu’aujourd’hui c’est une journée de repos pour soigner les p’tits bobos de la veille.

Je courrais avec ma sœur cette année. Comme c’était sa première course, et moi ma deuxième à Montréal, je me la jouais vieux pro pendant qu’elle était nerveuse à en avoir une migraine. Je n’avais pas vraiment d’objectif, à part courir le plus vite possible, le plus longtemps possible. J’avais mangé mes 4 gaufres noyées dans le sirop d’érable, calé un grand verre de jus et siroté un café trop sucré, tout s’annonçait pour le mieux.

Il faisait frette en tabarnouche sur le pont. La météo disait 11 degrés quand on a quitté mon appart’. Sur le pont, avec le vent, et vêtu de spandex et de dry-fit, j’avais l’impression qu’il faisait -10! Comme l’an passé, les organisateurs ont été gentils avec les retardataires et ont repoussé le départ de quelques minutes. Encore plus longtemps à se les geler.

Quand enfin on a pu partir, j’ai vaguement entendu Viki me dire « Bonne course! » par-dessus mon iPod. Faut dire que j’étais déjà parti comme une fusée, j’essayais de partir plus rapidement que l’an passé. Premier problème : je ne m’étais pas beaucoup entrainé cette année. Samedi dernier, j’ai fait ma plus longue sortie de l’année, un gros 13 km. Quand je l’ai terminé, j’avais une raideur sous le pied, avec inflammation et tout le kit. J’ai un peu boité au bureau quand personne ne me regardait aller vers la machine à café. Donc, dès le premier kilomètre, quand j’ai un peu raccourci une foulée pour ne pas foncer dans quelqu’un, oupelaïe, la douleur s’est fait sentir. Note pour le reste de la course : des foulées régulières, sinon je meurs.

La température fraîche aidait beaucoup à courir un peu plus vite que l’an passé. J’ai eu l’impression d’arriver vraiment plus vite au premier point de ravitaillement. Le gatorade-de-Lassonde de cette année me semblait particulièrement mauvais au goût, mais les bénévoles étaient hautement efficaces, me permettant d’attraper facilement 4 gobelets par ravitaillement.

Il y avait pas mal de monde autour du parcours pour encourager les coureurs. Comme Thoma Daneau l’a dit sur twitter, ça fait une vraie différence. Un ptit kid qui te donne un high-five, ça fait le même effet que le bouton turbo dans NBA Jam. Vos affiches, on les lit toutes, on a rien que ça à faire!

Comme ses deux enfants couraient cette année, ma mère a affronté le métro de Montréal pour venir nous encourager sur St-Joseph. Évidemment, alors que la majorité des spectateurs étaient du côté nord, maman était du côté sud de la rue. Désolé aux coureurs que j’ai coupés pour m’assurer d’être vu, et pris en photo. Ça aussi, ça permet de flyer au moins jusqu’au prochain virage.

Tout le talent de photographe de maman, tout mon potentiel de niaiseries.

Avoir déjà fait le parcours, ça fait que chaque repère semble arriver plus vite que l’an passé. Tout allait assez bien. Mon rythme me semblait bon (je cours sans montre, sans gps ou autre système high tech), j’ai réussi à boire assez de liquide et à manger un gel et demi par toutes petites bouchées. C’est sur Rachel que les choses ont commencé à se gâter. J’ai senti que quelque chose d’étrange se passait avec mon gros orteil. Pression? Frottement? Pas clair, mais clairement pas confortable. Plus cette douleur devenait présente et plus je modifiais ma foulée, me ramenant aux problèmes du premier kilomètre. Au coin de Joliette, j’avais juste plus le goût de continuer, mais je n’allais quand même pas arrêter. Je me suis entêté jusqu’au virage vers Pie-IX et là, je savais que c’était pratiquement fini, que j’allais endurer jusqu’au bout.

L’entrée au stade, c’est LA raison pour laquelle on endure le parcours. Du monde à n’en plus finir! Ma blonde m’attendait au stade depuis un moment. Elle tenait son appareil photo près depuis la marque du 1h30. Elle fondait des grands espoirs en son chum faut croire. Malgré la foule elle a réussi à vous prendre ces deux photos, tout juste avant la ligne d’arrivée.

Dernier virage

La fin est proche, je vois la ligne d'arrivée, et surtout l'horloge.

La fin est proche, je vois la ligne d'arrivée, et surtout l'horloge.

Vous pouvez voir sur mon visage que j’avais hâte que ça finisse. 1 h 51 et des poussières après le départ, c’était enfin fini, le parcours complété en 8 minutes de moins que l’an passé.

L’organisation était beaucoup améliorée cette année, on avait 2 fils d’arrivées, avec des couloirs assez longs et dégagés pour qu’on puisse marcher à l’aise une fois la course terminée. Il était très facile de récupérer son sac de lunch. Mon détecteur de bullshit s’est par contre mis à buzzer quand on m’a indiqué où aller chercher des yogourts. Le logo de Source de Yoplait était omniprésent. Un génie s’est dit que pour pousser la nouvelle saveur de grenade, une course d’endurance était le meilleur endroit où distribuer son yogourt sans gras, sans sucre à 35 calories. Si la personne s’est dit : « les sportifs, ça fait attention à ce que ça mange, non, on va leur envoyer notre yogourt diète » c’est signe que c’est un tata fini. J’ose croire que c’est plutôt parce que c’est le yogourt le moins cher à produire, vu qu’il contient beaucoup de… rien, qu’il a été choisi.

Une fois les goodies attrapés, la blonde retrouvée, le sac de vêtements récupéré, il ne restait qu’à réunir la famille, ce qui fut fait après quelques appels gueulés au cellulaire.

Arrivé chez moi, j’ai ôté mon soulier et mon bas pour voir l’état de mon pied. Un gros orteil mauve-bleu-noir à l’ongle qui veut décoller et l’orteil d’à côté (les orteils ont des noms?) à peu près dans le même état. La déshydratation me faisait me sentir vaguement lendemain de veille. Gatorade et dodo étaient au menu, avant d’aller souper chez maman. Heureusement, elle avait prévu que ses deux coureurs seraient affamés. La plus grande plaque de veau parmigianna nous attendait, en plus d’une bouteille de bulles. Ça change pas mal du Gatorade.

(Si j’ai couru deux demi-marathons, est-ce que c’est comme un marathon?)

Pour les curieux, voici à quoi a ressemblé mon entrainement cette année (ce n’est pas un exemple à suivre, loin de là):

Date Km temps pace
2010-01-04 5,86 35 5,972696
2010-01-06 4,63 25 5,399568
2010-01-23 6,82 42 6,158358
2010-01-31 4,63 23 4,967603
2010-02-15 5,98 40 6,688963
2010-02-21 8,7 46 5,287356
2010-03-07 10,88 73 6,709559
2010-06-27 8,33 37 4,441777
2010-07-05 8,24 46 5,582524
2010-07-10 8 48 6
2010-07-22 11,7 65 5,555556
2010-08-27 13,07 85 6,503443
2010-09-05 21,1 112 5,308057
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9 réponses à “Deuxième demi-marathon”

  1. 1 Eve Martel

    Bravo Jonathan! Tu as vraiment toute mon admiration.

    Maintenant, vite, chez un podiatre! J’en connais un bon si jamais tu en as besoin.

  2. Bravo pour ta course, j’ai pensé me pointer la avec des sacs à vomi pour tout le monde et des pancartes fluo d’encouragement, mais bon, ça sera pour une autre fois. J’ai envie de me rebotter le derrière pour faire un (petit) 5K l’an prochain, mais je sais pas. Je laisse la course au monde qui est capable de le faire. Même si ça ferait pas tort à mon tour de taille…. Mais je sais pas ce que je fais, donc on oublie ca :)

  3. C’est pas un entraînement idéal hehe
    Tu as couru plus souvent en janvier qu’en juin, juillet ou août. C’est mignon!

  4. 4 bluebunny27

    Bravo pour l’effort. Moi aussi, ca me surprend pas mal. Je pensais que l’entrainement ca devait être 10-15 km au total, sur 2 ou 3 entrainements pratiquement toutes les semaines, etc. Mais là je vois que c’était 5-10kms aux 3 semaines … à peu près 5 fois moins. ;-) Une chance que tu as pu terminer. Bye !

    • 5 lenutritionniste

      Je l’ai dit, mon entrainement est loin d’être recommandable. L’an passé, j’avais suivi assidument le programme suggéré sur le site du marathon. Disons que, pour toutes sortes de raison, j’avais un peu plus de temps pour m’entrainer cet hiver.
      Si ça peut encourager des personnes qui se disent qu’elles ne peuvent s’inscrire à une course parce qu’elles sont trop occupées, alors tant mieux.

  5. 6 Julie Bédard

    J’adore te lire Jo!
    moi qui a souffert à faire un 10km au marathon d’ottawa, je ne peux m’empêcher de vouloir me réinscrire l’an prochain juste pour avoir cette sensation difficile à exprimer qui se passe à l’arrivée.
    Ça me deçoit vraiment d’entendre que le source vous était distribué à l’arrivée, les organisateurs n’ont pas vraiment compris qu’après un entrainement il ne faut pas seulement des protéines mais aussi du sucre… à ottawa on a eu bagel et quartiers d’orange! beaucoup de sucres mais peu de prot. «en espérant que tu viennes un jour essayer le marathon par chez nous:)

    • 7 lenutritionniste

      Pour le Source, je ne jette pas le blâme sur les organisateurs, je les vois mal refuser un produit.
      On me dit qu’il y a une course en octobre à Ottawa. Si mon pied se soigne rapido, c’est dans le pensable.

  6. 8 Julie Bédard

    ah oui et j’oubliais… lors de l’inscription sur le site la veille des courses tous les coureurs avaient la chance de déguster un bon sac de chips faible en sodium donné gracieusement, j’étais bouche bée. me semble que cuites au four aurait mieux passée mais celles là étaient grasse à point.

  7. Félicitations! Juste pour le repas gargantuesque chez maman, ça valait le coup!


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