SIAL 2010; les conférences
Le SIAL, c’est pas juste une occasion de se bourrer la face, c’est aussi une série de conférences. Cette année, la qualité des présentations était franchement élevée.
J’ai assisté au Symposium de l’Institut Danone du Canada, qui portait sur l’alimentation en très bas âge et son impact sur la santé future. L’Institut Danone du Canada y invitait les nutritionnistes du Québec. J’ai jamais travaillé en pédiatrie, je connais rien aux enfants, j’y allais presque de reculons.
Ça aurait été dommage de manquer ce symposium. Premièrement, l’institut remettait son prix d’excellence pour l’avancement de la nutrition. Stanley Zlotkin est le lauréat cette année. Il a développé des suppléments de vitamines et minéraux pour les pays où les enfants ont des problèmes de malnutrition. Il s’agit d’une poudre à mêler à l’alimentation de transition après la fin de l’allaitement. La poudre n’altère pas le goût des aliments et sa composition est modulée selon les besoins de chaque population. Le plus beau : 1 cent par dose, environ 2$ pendant la durée du traitement par enfant et le produit est bien accepté par les populations visées.
Les trois présentateurs étaient très forts, mais Dr Jean-Luc Ardilouze a volé la vedette. Manifestement Français, les premiers mots qu’il prononce sont « Je vais présenter en français. Mais il y aura un accent ». Il s’est ensuite appliqué à remettre en question à peu près tout ce qui est connu du diabète de grossesse. Sa feuille de route montre que c’est un chercheur brillant, mais il nous a jasé ça comme si on était dans son salon. Dr Ardilouze, êtes-vous disponible pour les partys de bureau? Une jasette autour d’un verre?
Malgré tout la mauvaise foi que vous me connaissez, je n’ai rien à redire sur l’organisation. La salle était pleine à craquer, l’horaire a été respecté, la présence de Danone et de l’Institut était subtile, aucune plug de produit. Dr Peter Jones, le président de l’IDC, a même fait toutes ses interventions dans un français très correct.
Dans une autre salle avait lieu la série Mangeurs sous influence. 3 journées de conférences thématiques : l’innovation le mercredi, les initiatives écolo le jeudi et l’amélioration de l’offre alimentaire le vendredi.
J’ai assisté aux conférences du vendredi.
Véronique Jeannotte de Groupe Export Agroalimentaire a présenté un tour d’horizon de la réglementation en étiquetage. C’est un sujet que je connais bien, j’aurais aimé une présentation plus en profondeur, mais je crois qu’en 45 minutes, pour un auditoire de non-experts, la présentation était appropriée. Il aurait peut-être seulement fallu quelques exemples concrets pour faire comprendre certaines règles plus ou moins claires. Le Guide d’étiquetage et de publicité sur les aliments de l’ACIA, ça ne se lit pas exactement comme un roman.
En après-midi, la conférence portait sur la réduction du sodium dans les aliments. Je l’ai déjà dit, il s’agit de LA problématique nutritionnelle de notre époque. On mange juste trop salé. Le défi est énorme puisque toutes les catégories de produits sont trop salées.
Pourquoi les produits qu’on nous vend sont-ils trop salés? Parce qu’on aime ça comme ça. En test de goût, les versions plus salées sont celles qui sont les plus appréciées. On est comme ça. Malgré tout, des entreprises comme Campbell ont décidé de se casser la tête pour réduire le sodium dans leurs produits.
Andrea Dunn est venu nous expliquer comment cette réduction s’effectue chez Campbell. On s’entend que lorsqu’on pense aux soupes en cannes, on a la bouche qui rentre par en dedans tellement c’est salé. Tellement que la moitié des employés disaient ne pas consommer les produits de la marque. Ouch. La barrière #1 à l’achat de soupes en boîte : la quantité de sel. Re-ouch.
Évidemment, madame Dunn ne nous a pas révélé les secrets de la réduction en sodium. Elle nous a quand même laissé savoir que c’est difficile, que toutes les composantes de la soupe doivent être revues, le bouillon, les assaisonnements, la viande, les légumes.
En bout de ligne, il semble que ça paie. Les soupes dont le contenu en sodium a été révisé comptent pour la moitié des revenus chez Campbell.
Les autres entreprises vont-elles suivre? Je pense bien. Elles sont peut-être même en train de le faire, presque à notre insu.
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Au sud, on pense imposer une limite au sel. Bon, ce n’est pas fait, mais, heu… Quelqu’un tente d’aller dans la bonne direction. Le graphique est joli.
http://www.good.is/post/the-fda-might-limit-salt-levels-in-our-food/
Ici aussi il y a un groupe de travail sur la problématique du sodium. Leurs recommandations seront publiées sous peu.
On sent que t’avais envie d’ajouter ton grain de sel…
Je vais attendre la sortie des documents finaux. Je ne suis pas dans le secret des dieux, plein de choses se discutent, il y a des fuites (volontaires) mais on peut toujours être surpris par le libellé final des recommandations.
Oh, je suis curieuse de savoir ce que le Dr Ardilouze avait à dire sur le diabète de grossesse ! Est-ce qu’on peut avoir accès à de l’info sur le net ? Mes dernières lectures là-dessus datent du début des années 90, où dans le Guide for Effective Care in Pregnancy and Childbirth on remettait en doute l’utilité du test…
La présentation se trouve ici: http://www.symposiumidc.org/includes/medias/dr_ardilouze.pdf mais ça ne rend pas justice à l’immense talent de conférencier du Dr Ardilouze. Tu trouveras malgré tout l’info nécessaire.
Merci ! Il y a quand même des petites pointes d’humour qui percent… très intéressant et à suivre !