Début janvier, c’est la période propice aux résolutions, donc au début des démarches de perte de poids, donc au retour des publicités exploitant la perte de poids. Sans porter attention plus qu’il faut, je suis tombé sur deux annonces de circonstance.

Nautilus se lance dans les diètes miracles.

Nautilus a lancé un programme appelé 10/4, annoncé à la radio par Claude Poirier. Le début de la pub est plutôt drôle. Là où ça se gâte pour moi c’est lorsque le programme est expliqué : c’est un programme avec entraîneur et nutritionniste pour perdre 10 livres en 4 semaines. Selon le site web, cette perte se fait sainement.

Je ne doute pas que les gens qui s’inscriront à ce programme perdront du poids. Ce dont je doute, c’est que cette perte se fasse si sainement. Et je ne suis pas un apôtre du « il faut s’accepter quelle que soit son apparence ». Si un client n’aime pas sa silhouette, il a tous les droits de prendre les moyens pour la modifier.

Par contre, l’idée de chiffrer la perte à atteindre me fatigue. Tellement de femmes (oui c’est surtout des femmes) accordent déjà une importance ridicule au chiffre sur la balance. Cette publicité ne fait que renforcer cette obsession. Petite nouvelle : votre poids, on ne le voit pas, c’est votre shape qu’on voit. Et celle-ci n’est pas nécessairement le reflet de votre poids. Surtout pas dans une fourchette de 10 livres.

L’autre aspect qui me fait douter que la démarche soit tout à fait saine est le facteur temps. 4 semaines pour arriver aux résultats, ça met une pression sur 3 personnes : l’entraîneur, la nutritionniste et le client. L’entraîneur et la nutritionniste, c’est pas si grave – c’est leur job. Et 10 livres en 4 semaines c’est pas non plus le défi du siècle pour des pros, regardez ce que font les athlètes qui doivent faire la pesée. Mais ça implique de prendre des raccourcis, de tourner les coins ronds et de tout mettre sur les techniques de perte de poids.

La personne qui ressent sûrement le plus de pression, c’est le client. Dans la dernière semaine, combien de clients vont sauter des repas, manger que de la salade et de la soupe à l’eau pour faire le poids? Tout ça, pour changer le chiffre de la dizaine sur la balance. Wou-hou!

Taco Bell a trouvé sa Jared.

Christine n’aimait pas sa shape. Au lieu de s’inscrire au programme 10/4, elle a continué à manger au service à l’auto de Taco Bell, mais en choisissant les articles « Fresco », et elle a fait d’autres modifications à son alimentation. Elle a mangé 1 250 kcal par jour au lieu de 1 750 et au bout de 2 ans elle a perdu 54 livres et gagné un lucratif (je présume) contrat avec Taco Bell. La pub télé que j’ai vue à la télé américaine en regardant le football est tellement étrange qu’on dirait qu’elle a été faite par la gang de The Onion.

Ce genre de témoignage montre une chose importante : pour perdre du poids, il faut trouver une méthode qui correspond à son mode de vie. La Christine mangeait au service à l’auto à la semaine longue. Elle ne s’est pas dit : « c’t’année je vais cuisiner des repas végétariens faibles en calories et encourager l’économie locale ». Elle a continué à manger du fast food, mais en remplaçant la crème sûre et le fromage à nachos pour des tomates en dés. Ça a marché. Pour elle. La personne à la maison qui ne mange pas vraiment de fast food mais qui décide de se mettre à manger au Taco Bell pour perdre du poids risque d’avoir des résultats différents.



2 Responses to “Janvier et la commercialisation de la perte de poids”  

  1. Excellent billet; j’aime particulièrement la notion de  »faire ce qui est bon pour NOUS », et non pas tenter de complètement se dénaturer dans le processus (pour très certainement reprendre 10 livres 2 mois plus tard). Tu peux pas demander à quelqu’un qui a grandi en mangeant des sandwichs au baloney (et qui continue dans cette voie) de soudainement se faire des salades avec poitrine de poulet pour dîner.

    Pour ce qui est de la ‘’shape » VS le chiffre sur la balance….personnellement je trouve que les deux vont souvent de pair, mais il est vrai que les gars s’en contrefichent! J’ai des amies avec des corps top niveau qui sont seules, tandis que d’autres sont plutôt dodues mais se couchent avec leur chummy le soir venu. À chacune de trouver le juste milieu bouffe-exercise-poids dans lequel elle se sent bien dans sa peau. :-)

    Un esprit sain dans un corps sain!

    MC

  2. J’ai découvert votre blogue il y a quelques jours seulement. Je remercie Tchendoh d’avoir partagé l’un de vos tweet !
    :)


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