Un autre show de bouffe
Je consomme une quantité folle de shows de bouffe. Le Food Network est la chaîne sur laquelle ma télé s’ouvre, et très souvent celle sur laquelle je reste. Par contre, des shows de bouffe québécois, j’en regarde pas des tonnes. Contrairement à plusieurs, le cuisinier rebelle, je le déteste pas, et Bouffe en cavale, c’est loin d’être mauvais quand ils font de la cuisine (les reportages sont quand même le festival du malaise). Les autres émissions… meh.
J’étais donc un peu surpris d’être invité par la gang d’Artv au lancement de leur nouvelle émission Les Touilleurs. En fait, ce n’est pas pour ma passion pour les shows de bouffe, mais parce que je suis un blogueur influent qu’on m’a permis de participer à l’atelier associé au lancement. Installé face à Michelle Blanc, et aux côtés de 6 autres blogueurs (et amis) on remet vite en question son degré d’influence disons.
Les deux Touilleurs nous ont montré à quoi ressemblait un atelier chez eux. Des vrais pros, hyper naturels pour accueillir leurs invités et un chef, j’étais surpris qu’on ne leur ait jamais proposé de faire de la tivi. C’était Marie-Fleur, chef du Tapeo qui nous a préparé un tartare de saumon et figues, puis des boulettes de veau et chorizos. La gang de blogueurs bouffe, on se connait tous un peu, on se jase sur twitter, et on se voit dans ce genre d’événements. La discipline et l’ordre, c’est pas exactement notre spécialité. Madame Masson ne serait pas toujours fière de nous. Malgré tout, nos hôtes ont réussi à nous ramener à l’ordre gentiment quand Marie-Fleur avait une étape particulièrement importante de ses préparations à nous montrer.
Si l’émission ressemble un peu à l’expérience qu’on a eue, ça sera sûrement intéressant.
(Je déteste prendre des photos de ce que je mange. Vous trouverez des photos sur les blogues des autres, dont Eve Martel)
Ajout : J’ai regardé un épisode de l’émission, le chef du Newtown préparait des poissons. Les invités semblaient vivre la même expérience que nous. Ils étaient pas mal plus disciplinés et donnaient leur avis chacun leur tour sans empiéter sur les autres. Je pense que cette émission pourra chauffer les fesses de celle de Josée di Stasio. Un point devra être amélioré cependant : le son. Un écho pas possible et un cillement étaient très présents pendant les scènes tournées à la boutique.
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Tennis et yogourt
Grâce aux billets qui ne se vendent pas trop bien, j’ai été invité à voir quelques matchs de la Coupe Rogers même si je ne connais rien de rien au tennis féminin. En fait, je peux différencier Venus Williams de Maria Sharapova, mais ça s’arrête là. Comme la pluie a décidé que la finale se jouerait lundi, quand je serai au bureau, je peux faire mon billet tout de suite.
Dans un événement de ce genre, je porte une attention maladive à l’offre alimentaire. Deux bistros semblaient offrir des plats pas trop mal, mais on s’entend, un gros volume d’amateurs de tennis profite des casse-croûte pour attraper un hot-dog, quelques bières et autres cochonneries. Les combos les plus populaires semblaient être le « hot-dog, chips et boisson gazeuse » et le « hot-dog, poutine et boisson gazeuse ». Cependant, le trio santé a attiré mon attention. « Cool, même au casse-croûte ils ont fait un effort » que je me dis. Oupsi, le trio santé, c’est un ciabatta, un sac de chips et un yogourt. Oui, des chips dans le trio santé, et ne pensez pas que des baked Lays ou quelque chose du genre était proposé. Non-non, des Lays BBQ! Le ciabatta quant à lui, peut être garni de charcuteries. On a donc un sandwich avec un pain 2 fois plus volumineux que le pain à hot-dog, garni de charcuteries, accompagné de chips et d’un yogourt. J’imagine que le yogourt, c’est tellement santé que ça compense pour tout le reste.
Le tournoi est commandité en partie par le lobby du lait ET par Yoplait, les deux entreprises avaient donc leur kiosque de promo sur la promenade. Vous le savez peut-être, j’ai passé 2 ans à organiser ce genre d’activités. Rien de bien compliqué, on trouve du personnel qui paraît bien, qui s’exprime bien, qui va distribuer le produit et en profiter pour faire passer un ou deux messages clés. Déjà que 2 kiosques de produits laitiers, je trouvais qu’on poussait sa luck, quand j’ai entendu la jeune fille du kiosque du lait expliquer que le yogourt qu’elle distribuait était « enrichi de vitamine C, la vitamine soleil, super importante pour la solidité des os », j’ai senti mes oreilles friser. Petite fille, la vitamine en question se prononce « vitamine D ». Patron de cette petite fille, j’espère que tu ne comptais pas avoir ce contrat à nouveau l’an prochain.
Gros point positif, le partenaire bière du tournoi n’était ni Labatt ni Molson. C’est de la Belle Gueule qui était servie, il était donc possible de boire de la bière qui goûte la bière. Du jamais vu dans un événement sportif!
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Si vous suivez les mises à jour de mes LinkedIn, Facebook et mes tweets, vous avez peut-être saisi que j’ai un nouvel emploi. Je me suis joint à l’équipe de Diabète Québec, plus précisément à la ligne InfoDiabète. Mon rôle est donc de renseigner les personnes diabétiques, leurs proches et les professionnels de la santé sur le diabète, par téléphone ou par courriel. Je vais aussi signer des textes pour les différentes publications de l’organisme. Comme disait Chandler, est-ce que cet emploi pourrait être plus pour moi?
Évidemment, à offrir de l’aide téléphonique et par courriel, je « vois » un volume de patienst beaucoup plus élevé que ce qui pourrait être fait par toute autre méthode. Les problématiques récurrentes sont donc assez faciles à identifier, même après quelques jours seulement.
Premier agacement, qui n’est pas nouveau, mais qui revient trop souvent : les assurances privées qui remboursent les frais pour des thérapies peu reconnues, mais ne remboursent pas les consultations avec une nutritionniste. Est-ce que quelqu’un, quelque part, réussira un jour à m’expliquer comment la naturopathie, l’acuponcture et même l’homéopathie peuvent être remboursées, mais pas la nutrition? En attendant, je vais juste me fâcher.
Fin des nouvelles. Il est possible que la fréquence des billets diminue légèrement, et que des thèmes touchant un peu au diabète reviennent un peu plus souvent qu’avant. Pour le savoir, vous devrez continuer à lire.
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Unilever se prend pour Pfizer
Dans la première livrée de ce texte, j’avais mal identifié le fabricant de Becel. La chose est corrigée.
Au début du mois de mai, Santé Canada a approuvé l’enrichissement de certains aliments en phytostérols. Parmi ceux-ci, on compte les yogourts, la margarine et certains type de vinaigrettes. Les phytostérols s’apparentent aux fibres et pourraient diminuer le cholestérol. J’avais d’ailleurs écrit un billet sur le sujet ici. Deux semaines après cette autorisation, Becel annonçait le lancement d’une margarine enrichie de phytostérols, la Pro-activ. Elle a fait l’objet d’une campagne de pub de fou, on nous la vend à grand renfort de coupons de gratuité aux nutritionnistes, de pleines pages dans les magazines pour femmes et de panneaux en bordure des autoroutes avec du texte légal en caractère 12.
Tout cela est juste et bon, Unilever n’a pas l’habitude d’y aller à moitié quand elle lance un produit.
Le problème, c’est que maintenant, le produit est sorti. Le pot de Pro-activ fait 227 g (1/2 livre). Et il coûte 6,39 $ (prix chez Métro, à Laval). Et il est recommandé, par Becel, d’en manger 5 cuillères à thé par jour, pour bénéficier de l’effet hypocholestérolémiant.
Tout ce que j’ai à dire à Unilever, c’est : bonne chance!
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Les fruits, source de calories
Cette semaine sur Twitter, une discussion portait sur le nombre de calories contenues dans un melon d’eau. La rumeur voulait qu’un melon entier ne contienne que 15 calories. En fait, un melon d’eau de 4,5 kg apporte autour de 1 350 calories. Lorsque j’avais fait un billet sur la balance Starfrit, ma sœur était terrorisée par la quantité de calories contenues dans la pomme servant à tester la balance.
Triste constat, peut-être, mais les fruits ne sont pas magiques. Ils contiennent des glucides et par conséquent, des calories. C’est presque jamais un problème cependant. Je dis souvent que lorsqu’on est rendu à couper sur la quantité de fruits, c’est que le reste de l’alimentation est pas mal au top.
Il y a quelques situations où c’est un peu moins vrai. En été, il y a quelques jours où le risque d’excès est plus grand. Au retour du marché avec une palette de fraises, un melon entier, ou sac un peu trop rempli de cerises, et hop, les chances de manger plus de fruits que raisonnable grimpent au plafond.
Est-ce que j’ai besoin de revenir sur le cas des jus? Un de mes premiers articles expliquait mon problème avec le jus. Rien à rajouter.
Autre produit fruité dont il est facile d’abuser : les fruits séchés. Un fruit séché ne perd que son eau dans le processus de déshydratation. Ça fait des fruits tout mignons, mais aussi riches en calories que lorsqu’ils étaient frais et gorgés d’eau. Une petite boîte de raisins secs, c’est une grosse grappe de raisin. Une poignée d’abricots séchés, c’est un petit panier d’abricots frais. C’est donc facile d’en grignoter un peu trop. En plus, trop souvent les fruits séchés contiennent des grandes quantités de sulfites pour qu’ils restent plus jolis. Je ne suis pas un gros fan.
Outre ces trois exceptions, lâchez-vous lousse, mangez-en des fruits. Mais ne vous faites pas croire qu’ils sont calories-free.
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Le guide alimentaire, quand il était beau. Je vis dans le passé, je sais. Mais j'y peux rien, il y a un soleil au milieu.
Fait inutile amusant, le guide alimentaire canadien (GAC) est le deuxième document le plus demandé au gouvernement fédéral (après le formulaire de déclaration de revenus). Il est aussi disponible en vingt (VINGT!) langues. Et pourtant, je ne m’en sers pas.
1) Il n’est pas basé sur des faits probants. En toute logique, des recommandations faites pour les habitants de tout un pays devraient se baser sur la meilleure science disponible. Pour concocter le GAC, l’approche du consensus a plutôt été privilégiée. J’ai rien contre les consensus*, tant qu’on demande l’avis de personnes dont les objectifs vont dans le même sens. Cependant, pour bâtir le GAC, en plus d’experts en santé publique, des représentants de l’industrie ont aussi été invités. Ce que j’aurais donné pour voir la discussion entre monsieur Lait et monsieur Soya débattre de la validité de leur produit dans la catégorie des produits laitiers, ou la discussion entre monsieur Lait (encore lui) et madame Becel pour nous dire quel gras devrait se retrouver sur nos toasts. On imagine vite le climat qui devait régner autour de la table. Sûrement que tout un chacun avait à cœur la santé du Canadien moyen.
2) Il est atrocement arbitraire. Une référence bonne pour tout le monde finit par n’être bonne pour personne. Étant un homme de 19-50 ans, je devrais manger chaque jour 8 portions de produits céréaliers. Selon le saint document, il est tout à fait normal que, tout maigrichon que je sois, occupant un emploi sédentaire, je doive manger la même quantité de tranches de pain que le costaud qui travaille en paysagement à charrier des pierres comme Atlas.
3) La plus récente édition du GAC offre des conseils savoureux. Par exemple, chers lecteurs, saviez-vous que le GAC vous interdit de manger du yogourt ou du fromage? Si vous avez entre 19 et 50 ans, homme ou femme, le GAC vous recommande de manger 2 portions de lait et substituts. De ces deux portions, vous devez boire 2 tasses de lait, pour vous assurer d’avoir suffisamment de vitamine D. Alors, 2 portions de laits et substitut, dont 2 verres de lait : vous devrez donc attendre d’avoir 51 ans pour manger du fromage, du yogourt ou goûter à une boisson de soya. Autre perle, il est conseillé de consommer chaque jour des petites quantités d’huile. Parce que, vous le savez, les Canadiens mangent trop peu de gras, il faut leur rappeler d’en prendre chaque jour.
4) Le vocabulaire est flou au possible. « Consommez souvent des substituts de la viande », « choisissez des substituts du lait plus faibles en matières grasses », « servez-leur de petits repas et collations nutritifs chaque jour ». Super! Des termes que tout un chacun pourra interpréter comme il l’entend. J’imagine que ça fait plus participatif, alors on aime ça à Santé Canada.
Pour ces raisons, je n’utilise jamais le guide, je n’utilise même pas les mêmes regroupements d’aliments. Pour moi une pomme de terre, ça restera toujours plus proche du riz que du brocoli, c’est donc un féculent. Quand je conçois un plan, c’est le total de caloried et leur répartition entre les protéines, les lipides et les glucides qui m’importent.
*C’est pas vrai, je déteste les consensus. On met plus d’effort à faire des entourloupettes pour épargner la chèvre et le chou (deux aliments qui ne sont même pas représentés dans le GAC) plutôt que pour régler les vrais problèmes.
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Ahuntsic, c’est le prochain Villeray
Tout le monde s’installe à Villeray. Mais Villeray, c’est déjà dépassé. C’est Ahuntsic le prochain quartier en vogue.
À preuve, il y a 2 ans, je m’y suis installé. Ensuite le St-Urbain a ouvert. Et dans 2 jours, un autre resto, À table, ouvre à 20 pieds du St-Urbain. A-town, ville de bouffe.
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Devenir nutritionniste
Mon billet d’il y a deux jours, ou peut-être le fait d’afficher mon tarif horaire, a fait qu’on m’a posé la question « c’tu dur devenir nutritionniste? ». (Si vous faites le calcul « taux horaire x 40 heures » pour estimer mon revenu hebdomadaire, vous surestimez légèrement.)
J’ai envie de répondre que devenir nutritionniste, c’est pas difficile, mais un peu chiant. Je m’explique. Pour être nutritionniste au Québec, il faut être membre de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec. Pour pouvoir être membre, il faut avoir un diplôme en nutrition d’une des universités accréditées : Montréal, McGill ou Laval. Le programme de l’Université d’Ottawa est en voie d’être accrédité, du moins, je l’espère pour les filles qui ont choisi cette institution.
Pour entrer dans le programme de nutrition de l’Université de Montréal (celle que j’ai fréquentée – pour les autres, je présume que c’est semblable), il faut avoir son diplôme en sciences nature, avec les deux cours de biologie et les trois cours de chimie. La cote R nécessaire est autour de 31 en ce moment. Lorsque j’ai fait mon entrée en nutrition, elle était théoriquement de 20, mais je doute pas mal qu’on puisse obtenir son diplôme avec une cote si basse.
Le bacc. en nutrition est facile mais exigeant. Il s’agit d’un bacc. de 3 ans et demi et de 118 crédits. Il y a des stages à chaque année et la dernière demi-année n’est qu’un long stage. Aucun des cours n’est vraiment difficile, mais la somme de travail nécessaire est souvent élevée. À l’Université de Montréal, il n’y a qu’une seule classe. Il est impossible d’étudier à temps partiel. Il y a des cours du lundi au vendredi, en général de 8 h 30 à 16 h.
À force d’écrire et de consulter le programme actuel de l’Université de Montréal, je me rends compte que je suis une vieille croûte. Plusieurs titres de cours ne correspondent pas. Ce qui suit est donc à quoi ressemblait le bacc. en 2001-2004.
La première année est rough. Les cours de physiologie et d’anatomie sont faits avec les autres paramédicaux (pharmacie, optométrie, sciences infirmières, réadaptation…). À cela s’ajoutent des cours de biochimie et de sciences des aliments. Ce dernier cours est un genre d’économie familiale, version universitaire. De la théorie, et beaucoup de pratique. Des travaux pratique du genre « faisons des muffins pas de gras, et voyons si c’est bon (réponse : non) »; « faisons chauffer du sucre et voyons ce qui arrive (réponse : ça fond, et ensuite ça durcit) ». On passe donc de cours de bourrage de crâne intense à des cours où on se demande si c’est une blague, si c’est l’initiation qui continue encore 3 mois après la rentrée.
À la fin de la première année, on s’en va en stage. C’est pour plusieurs le premier contact avec le milieu hospitalier. Milieu hospitalier, faut le dire vite, on passe le plus clair de notre temps aux cuisines. Ça peut être très plate, mais si on devient ami avec les cuisiniers et surtout les pâtissiers, il y a certains bénéfices à passer sa journée dans un sous-sol sans fenêtres. Évidemment, mes consœurs avaient un net avantage sur moi pour l’activité « devenir ami avec les cuisiniers ». C’est aussi lors de ce stage qu’on monte aux étages pour la première fois, qu’on consulte des vrais dossiers et qu’on voit un premier patient. Eh qu’on se croit big. Sauf que le patient n’a pas de problématique nutritionnelle et on lui enseigne le Guide alimentaire canadien. Fin juin arrive et on tombe enfin en vacances.
2e année, on est légèrement moins cons. On voit un peu plus à quoi serviront les cours qu’on suit. Les cours deviennent plus pertinents également. On apprend le rôle de chaque nutriment, et on commence l’interminable série de cours de nutrition clinique où on apprend le lien entre les nutriments et chaque pathologie. On devient en même temps des pros de la gestion. (Fait peu connu sur les nutritionnistes : près de 50 % de leur formation est en gestion. Comptabilité, ressources humaines, principes de gestion d’une organisation, on a tout étudié ça.) La deuxième année est aussi l’année de l’infâme Kiwi-Club. En équipe de 4, on est responsable pour un midi, d’une cafétéria au pavillon de nutrition. 120 personnes à nourrir, une équipe de 10 personnes sous notre responsabilité, on est responsable de tout : élaborer le menu, fixer les prix, publiciser l’événement, organiser le partage des tâches, motiver son équipe. À mesure que l’année avance, ça devient LE sujet de conversation. On passe plus de temps avec nos coéquipiers qu’avec notre chum/blonde. Certaines amitiés ne tiennent pas le coup (certains couples également). Si on est responsable d’un lunch, on est aussi « employé » pour quatre autres.
Le stage se fait pendant la session en 2e année, dès le retour des Fêtes. 5 semaines de stage, suivies de 10 semaines de cours intensifs. En stage, on est un peu plus impliqué dans de vrais mandats, toujours en milieu hospitalier. On devient l’assistant d’un gestionnaire du service alimentaire, chef de production, de distribution ou de restauration. En nutrition clinique, on voit plus de patients, des cas de plus en plus compliqués, avec une supervision de moins en moins serrée.
Troisième année : on peut la résumer par « voici tout ce qu’on a pas eu le temps de vous montrer jusqu’ici ». Un sprint d’un an, avec une session comprimée comme en 2e année et deux gros projets : un en chimie alimentaire et un autre en recherche. Plein d’heures à passer à lire des articles scientifiques et à essayer de ne pas détruire le vétuste matériel de chimie. Pour les autres cours, c’est un flou total, mis à part que j’ai l’impression d’avoir donné une présentation à chaque deux cours. En stage, on sait déjà pas mal si on est fait pour la gestion ou pour la clinique. Comme j’étais un gars de clinique, la motivation était au niveau zéro en gestion alors que je me prenais pour un vrai nutritionniste en clinique.
4e année : le stage de septembre à fin décembre. Encore un peu de clinique, et ensuite, surprise! On sort enfin de l’hôpital et on peut un peu choisir dans quel genre de milieu on veut faire son stage de ce qui est appelé la nutrition communautaire. C’est une catégorie fourre-tout dans laquelle on peut aller faire de la prévention en entreprise, travailler en CLSC ou d’autres OSBL, faire de la communication avec la Fondation des maladies du cœur, des magazines ou même Isabelle Huot. Pour ma part, j’ai choisi le marketing nutritionnel, chez Enzyme où j’ai fini par travailler quelques années plus tard.
Et voilà, 3 ans et demi après votre arrivée à l’université, vous êtes nutritionniste!
Je sais pas si ça sonne comme si c’était pénible, mais ça ne l’est pas vraiment. Comme je le disais, le groupe est petit, seulement une soixantaine d’étudiants, et on passe toutes nos semaines tous ensemble. 5 ans plus tard, je vois encore régulièrement certaines de mes amies du bacc. L’horaire est chargé, mais on apprend un principe essentiel pour le reste de notre carrière : plus on est occupé, plus on trouve de temps pour faire des trucs. Malgré les sessions à 6 ou 7 cours, j’ai toujours trouvé le temps pour m’impliquer dans tous les comités imaginables, continuer à m’entraîner et/ou jouer au hockey et aller à tous les partys possibles. C’est également l’époque où je me suis mis à consommer des boissons énergisantes, peut-être que ceci explique cela.
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Une des questions qui mènent souvent à ce blogue est Que fait un nutritionniste ? Aussi, la plupart de mes clients n’ont jamais consulté de nutritionniste auparavant et ne savent pas trop à quoi s’attendre.
Je propose donc de faire d’une pierre deux coups et de vous expliquer à quoi ressemble une consultation individuelle avec Le nutritionniste. Je peux pas vous dire à quoi ressemble une consultation avec une autre nutritionniste, moi non plus j’en ai jamais consulté. Si ça diffère beaucoup, mes consœurs se feront un plaisir de commenter.
Premièrement je dois connaître la raison pour laquelle la personne consulte. En général, c’est facile, c’est la première phrase qu’on me dit « Jonathan, je veux perdre du poids / gagner de la masse / contrôler ma glycémie-cholestérol-pression / juste mieux manger ».
Après, j’ai besoin d’une série d’informations pour déterminer les besoins énergétiques de la personne et pour connaître ses habitudes de vie afin de bâtir un plan pertinent. Cette étape est longue et ennuyante à observer. C’est pourquoi je préfère la faire avant de rencontrer mon client. Ma collecte d’information se fait principalement par l’entremise d’un questionnaire que j’envoie par courriel. Le client le remplit à son aise et me le fait parvenir ensuite. À partir des informations reçues, je détermine les besoins puis un plan alimentaire qui permettra de rencontrer ces besoins.
Je bâtis des plans alimentaires plutôt que des menus. En gros, un plan indique le nombre de portions de chaque groupe d’aliments qui doivent être consommés à chaque repas. That’s it. Ça semble simple, mais ça l’est pas tellement, parce que mes groupes alimentaires ne correspondent pas aux groupes du Guide alimentaire canadien, et que mes portions n’y correspondent pas non plus.
Je ne fais pas de menus pour deux raisons. La première : j’haïs ça. La deuxième : je ne crois pas à leur utilité. Si le menu du mardi est tilapia avec bok choy et riz (oui, je fais un menu tout blanc, juste pour faire paniquer un de mes anciens profs). Admettons maintenant, que le tilapia est douteux au supermarché et que le mari de ma cliente a mangé tout le bok choy pour le lunch, ma cliente fait quoi?
Avec un plan alimentaire, on remplace le bok choy par du brocoli, on fait une papillote avec n’importe quel autre poisson et bingo, problème réglé.
La consultation elle-même ressemble à quoi alors, si tout est préparé à l’avance? Premièrement, à contre-vérifier les informations que j’ai reçues par courriel et à adapter le plan en conséquence au besoin. Deuxièmement, c’est d’expliquer le plan. Ensuite, et c’est le plus important, c’est de voir avec le client comment il va intégrer le plan dans sa vie de tous les jours.
Ensuite, la personne applique tout ça du mieux qu’elle peut par elle-même. C’est là qu’elle se pose plein de questions. Tel aliment, ça va dans quel groupe? C’est trop de nourriture au déjeuner, je peux en déplacer vers la collation? Quand je m’entraîne, je mange avant ou après?
Je réponds à toutes ces questions-là par courriel, même par gmail chat avec certains clients.
Je revois mes clients pour des suivis pour 3 raisons :
1) quand la motivation est en train de prendre le bord;
2) quand l’enseignement doit être raffiné;
3) quand les besoins doivent être recalculés à cause d’un changement de poids ou de niveau d’activité physique, par exemple.
Combien ça coûte? Il semble y avoir un mini-tabou à publier ses tarifs sur le Web. Il semble aussi y avoir un mini-tabou à écrire un blogue alors, voir que je vais me gêner. La seule information qui circule, c’est le tarif recommandé par l’Ordre professionnel des diététistes du Québec, de 70 $/heure. Parce que je suis bon dans ce que je fais, et que j’offre des services que d’autres n’offrent pas (visites à domicile ou au bureau, suivis en ligne, consultations adaptées pour la course, les voyages…), mon tarif est de 90 $/heure.
Une partie de mes honoraires est remboursable par certaines assurances. Pour des raisons complexes et qui dépassent l’entendement, au Québec, plus d’assurances couvrent la naturopathie, l’homéopathie et l’acopuncture que la nutrition.
C’est ça que fait Le nutritionniste quand il fait de la consultation privée. Prochain épisode, que faisait Le nutritionniste en recherche ou que faisait Le nutritionniste en marketing?
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100e billet
Si je me fie à WordPress, il s’agit de mon 100e billet.
Le premier date du 28 août 2009, donc en un peu moins d’un an, j’ai réussi à vous achaler jaser de nutrition, et de pas mal tout ce qui l’entoure, 100 fois. Ce qui a commencé comme une façon de travailler mon écriture (Anne-Marie, pas le droit de rire) est vite devenu un loisir qui frise l’obsession.
Tous les billets n’ont pas été du grand art, mais dans l’ensemble, je suis fier de ces 100 bouts d’articles. En plus de votre attention grandissante, le blogue m’a apporté de nouveaux clients, m’a permis d’être invité à L’Épicerie, de collaborer avec Montréal Express, de donner un coup de main à des groupes d’étudiants et de répondre aux questions de personnes qui n’auraient peut-être jamais consulté ou questionné un nutritionniste.
Au passage, j’ai écorché une entreprise ou deux, en mettant en relief leurs mauvaises approches en marketing santé. En personne, on m’a parfois dit que j’étais cinglant. Je l’étais avant d’avoir un blogue entre les mains, ça ne s’est pas adouci. Que voulez-vous, j’ai à cœur la science de la nutrition et je déteste qu’on l’utilise à mauvais escient. Je comprends la nutrition mieux qu’à peu près n’importe qui, et je connais quelques trucs de marketing, pour en avoir fait pendant un temps. Il me fait donc plaisir de rétablir les faits, chaque fois que ça sera nécessaire.
Dans la dernière année, une couple de nutritionnistes se sont ajoutée à la trop petite clique de nutritionnistes-blogueuses. Chacune avec son style et ses intérêts, mais elles m’ont laissé la place du vieux grincheux/vulgarisateur vulgaire.
Où s’en va ce blogue? L’objectif reste toujours le même : devenir plus big qu’Isabelle Huot. C’est pas en visant des objectifs faciles qu’on avance. En chemin, j’essaierai de rester pertinent, de vous intéresser. Non, il n’y aura plus jamais un billet par jour comme dans les tout premiers temps. Il y aura toujours suffisamment d’actualité nutritionnelle à commenter pour au moins un billet par semaine. J’ai un lectorat de plus en plus ciblé par les gens de RP et de pub, je reçois de plus en plus d’invitations et de bébelles. C’est mon devoir de faire le tri et de ne pas trop prostituer cet espace.
Mon autre objectif, c’est de vous faire participer un peu plus, sur le blogue. Vous interagissez sur la page facebook, et le twitter, mais sur en commentaires, c’est encore tranquille. Sans que ça devienne comme la section commentaire sur RDS.ca, ne vous gênez pas pour me questionner, me challenger, donner votre opinion. Je vais essayer de vous simplifier la tâche dans les prochains temps.
Fin du billet un peu emo, de retour au menu régulier très bientôt.
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